Théâtre Darna

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Parade

Au sortir du Ramadan 2007, un collectif (appelé tantôt Collectif des Oiseaux, tantôt Collectif SousFrance, plus bas que la France d’en bas) composé d’une dizaine d’artistes français est venu passer un mois à Tanger au sein de toutes les structures de l’association. Arrivé mi octobre au port de Tanger, il aura été directement témoin de ce que veut dire Porte de l’Europe, de ce que signifie garder la porte au quotidien, de ce qu’induit tenter de la traverser. Leur bus tombant en panne dès sa sortie du bateau, le spectacle a pris son temps pour se dérouler, un policier aurait presque fait les présentation puisqu’au bout de quelques heures, un jeune de Darna a été délogé de sous leur véhicule. Sans doute un peu choquante, l’entrée en matière pouvait pourtant difficilement être plus juste.

Il y eu ensuite quelques jours d’adaptation. La prise d’espace à travers le Théâtre comme lieu de vie, la visite des autres structures et bien sur la rencontre avec les enfants et leurs encadrants. Pour bien se faire, on fit une fête. Les enfants ont pu se lâcher en toute liberté, ce fut la meilleure des premières sensations à donner.

Puis les ateliers ont commencé. Pendant près de trois semaines, ils se sont déroulés entre le Refuge, la Maison des Jeunes et la Ferme Pédagogique. Là-bas se déroulait principalement le travail de construction des chars. Certains gamins ont pu s’essayer aux échasses et à l’accro branche. Nous avons parfois pu y amener les enfants du refuge.

En parallèle, beaucoup d’activités ont été proposées aux jeunes de la MCJ et surtout aux enfants du refuge : expression corporelle, jonglage, percussions, chant, travaux manuels, fabrication de mini instruments, batucada, acrobatie, danse folklorique. Chaque enfant a réalisé son masque et la classe de confection textile a cousu de nombreux costumes. D’autre part, la classe de ferronnerie a réalisé un dragon articulé en un temps recors. Quelques gamins ont participé à des ateliers d’écriture, de dessin, à des ballades, simple déambulation dans la ville ou exploration du parcours envisagé de la parade par petits groupes…

Bien sur, il y eu de nombreux décalages et bouleversements. Ceux qui ont connu de près le moindre petit morceau de l’histoire du Théâtre imaginent ; il faut pourtant inclure dans l’aventure tout le reste de l’association et notre joyeuse bande de «squatteurs-françaouis-avec-des-passeports-tout-neufs» mais une fois encore, le jeu en valait la chandelle. Le climax fut atteint la veille de la parade lorsque les autorités l’ont finalement interdite pour de sombres raisons que je passe ici. Et bien nous y sommes quand même allés, pas le jour prévu, ni sur le parcours attendu, mais sur le plateau du Marchan, aux alentours de la MCJ, c’est à dire sous les eucalyptus, autour du stade et du palais royal pour terminer sur la nécropoles des tombeaux phéniciens, face à la mer. Sauvage, la parade…

Ce fut un merveilleux moment de fête et de joie. Quelques enfants d’autres écoles, qui avaient fabriqués leurs masques se sont joints à nous, ainsi qu’une vingtaine d’enfants d’un quartier plus éloigné de Tanger, et bien sur les habitants du quartier Hafa et du Marchan.

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Affiche

© Théâtre Darna 2009. D/YC.